Maître de conférences à l'Institut Elie Cartan de Nancy
Institut
Elie
Cartan
Université
Henri Poincaré
BP 239
54506
Vandoeuvre-les-Nancy Cedex,
France
Tél. : (00 33)3
83 68 45 17
E-mail :
jeremie.unterberger@iecn.u-nancy.fr
Curriculum
vitae
1992-1996:
Etudes à l'Ecole Normale Supérieure de Paris
1995-1999: Thèse de doctorat en analyse harmonique
non-commutative :
"Analyse harmonique sur un espace symétrique
ordonné et
sur son dual compact"
(directeur: J. Faraut, Paris VI)
1996-1998: Allocataire moniteur normalien à
l'Université
d'Evry
1998-2000: Post-doc au Politecnico de Turin (Italie) - travail en
collaboration avec
Fulvio Ricci (analyse sur les groupes)
2000-: Maître de Conférences
à l'Institut
Elie Cartan de Nancy
(département
de mathématiques)
2001-: Co-direction du groupe de travail
"math/phys" avec M. Henkel
(physique théorique,
Laboratoire de
Physique des Matériaux
de
Nancy)
décembre
2010:
Habilitation à
diriger
des
recherches
soutenue
à
Nancy
:
"Symétries
dynamiques
schrödingériennes
et
singularités
locales des champs gaussiens fractionnaires"
CURRICULUM
VITAE
DETAILLE
ACTIVITES DE RECHERCHE
HABILITATION A DIRIGER
DES RECHERCHES (cliquer sur
le lien) :
Symétries
dynamiques
schrödingériennes
et
singularités locales
des champs gaussiens fractionnaires
(2010).
Habilitation à diriger des recherches de l'université Nancy I.
QUELQUES
ARTICLES
SIGNIFICATIFS (avec liens) :
voir
rubrique
Thèmes
de
recherche
ci-dessous
La plupart des articles sont
disponibles sur arXiv (math-ph, math.PR, hep-th ou cond-mat) ou
sur Hal.
Intérêts
scientifiques
Exposé
sur les chemins rugueux
(version rallongée d'un exposé donné au
Séminaire Lotharingien de Combinatoire, 2012)
Thèmes de
recherche
1.
Chemins
rugueux,
théorie
constructive
des
champs,
algèbres de Hopf,
processus
stochastiques
fractionnaires
et
géométrie
sous-riemannienne
Depuis
2007, je me suis
intéressé aux
géométries locales singulières induites par des
chemins irréguliers
(de faible
régularité Hölder). Intégrer une
1-forme différentielle le long d'un chemin irrégulier, ou
résoudre une
équation
différentielle (déterministe ou
stochastique) contre un tel chemin, est un problème difficile, a
priori mal posé,
dont la très riche
structure mathématique et
physique apparaît progressivement. De la formulation
géométrique en
termes de géométrie
sous-riemannienne, à la
formulation axiomatique en termes de chemins rugueux ("rough paths"),
j'en suis venu à une
classification générale
formelle des solutions à ce problème utilisant des
algèbres de Hopf d'arbres
(notamment l'algèbre de
Hopf de Connes et Kreimer), puis
à des constructions explicites à l'aide de
méthodes multi-échelles
provenant de la
théorie des champs (renormalisation des
diagrammes de Feynman).
Mes
derniers
travaux
(encore
en
cours),
en
collaboration
avec
des
physiciens,
montrent
comment
réinterpréter
ce problème entièrement dans le langage de la
théorie des champs. La régularisation des
intégrales peut se
faire en rajoutant une interaction
singulière, ou à l'aide d'un terme de "drift" singulier
induisant une sorte de
"viscosité évanescente" absolument non classique.
De manière
générale, il semble que les termes
singuliers
s'interprètent comme une "déformation" ou
"désingularisation" de la
géométrie sous-riemannienne
sous-jacente. Les
applications purement probabilistes de ces travaux (calcul de Malliavin
ordonné en Fourier,
solutions des
équations différentielles stochastiques à
coefficients Lipschitz...) sont en cours d'écriture.
QUELQUES
ARTICLES
SIGNIFICATIFS :
en collaboration
avec Jacques
Magnen: From constructive field
theory to fractional stochastic calculus.
(I) An introduction:
rough path theory and perturbative heuristics. Annales Henri
Poincaré 12,
1199-1226
(2011). http://arxiv.org/abs/1012.3873
(II) Constructive proof of convergence for
the Lévy area of fractional Brownian motion with Hurst index
$\alpha\in(1/8,1/4)$.
A paraître à: Annales Henri
Poincaré. http://arxiv.org/abs/1103.1750
Ces articles sont les premiers d'une série proposant une
relecture physique et géométrique nouvelle
de la théorie des chemins rugueux. Ils devraient
déboucher également sur des applications en
géométrie
sous-riemannienne.
En collaboration
avec Loic Foissy: Ordered forests,
permutations and
iterated integrals. http://arxiv.org/abs/1004.5208
Cet article donne les
soubassements algébriques (algèbres de Hopf
combinatoires) des travaux
sur l'algorithme de mise en ordre normal de Fourier.
H\"older-continuous rough paths by Fourier
normal ordering.
Communications in Mathematical
Physics 298 (1), 1-36
(2010). http://arxiv.org/abs/0903.2716
A
rough path over
multidimensional fractional Brownian motion with arbitrary Hurst index
by Fourier normal ordering.
Stochastic
Processes
and
their
Applications
120 (8),
1444-1472
(2010). http://arxiv.org/abs/0901.4771
Premier article sur l'algorithme de mise en ordre normal de Fourier, et
application au cas du
brownien fractionnaire.
2.
Physique
mathématique
et
géométrie
De la découverte de
l'invariance conforme en dimension 2 dans
les années 80 par les physiciens théoriciens
aux travaux probabilistes de S. Smirnov, Werner-Schramm-Lawler...
donnant une vérification éclatante des
prédictions des physiciens, une voie royale semble
s'ouvrir à l'interaction entre géométrie conforme,
groupes
et algèbres de Lie de dimension
infinie (algèbres de Kac-Moody et de Virasoro), physique
mathématique
(théorie conforme des champs, systèmes
intégrables), physique statistique (modèles sur
réseau) et probabilités
discrètes.
Mes
recherches se sont orientées vers
l'exploration systématique de groupes de symétries de
dimension infinie
surgissant a priori dans un contexte de physique statistique
hors-équilibre. L'invariance schrödingérienne ou
sous le groupe de Schrödinger-Virasoro est le pendant de
l'invariance conforme dans ce contexte. On la retrouve
notamment dans l'étude des formes normales des opérateurs
de Schrödinger. L'algèbre de Schrödinger-Virasoro
a une structure mathématique très riche
(représentations, cohomologie, structures de Poisson,...). Une
monogra-
phie présentant ces travaux, en collaboration avec C. Roger,
vient
d'être soumise (cf. lien ci-dessous vers liste
d'articles). Elle épouse en partie le point de vue d'Arnold et
Khesin (cf. leur livre Topological methods in hydro-
dynamics), selon
lequel les équations de la physique sont des équations de
la mécanique hamiltonienne en
dimension infinie associée à des groupes de
difféomorphismes, et exploité par G. Misiolek, Y. Brenier,
A. Shnirelman ... pour l'étude de l'équation
d'Euler par exemple.
Un
défi majeur consiste à comprendre si et comment de telles
invariances dynamiques sont réalisées dans les
modèles classiques de la physique statistique (équations
paraboliques du type d'Allen-Cahn par exemple); et
si de l'étude de cette algèbre sortent des
systèmes intégrables d'un type nouveau, ou des
équations hydro-
dynamiques à la manière d'Arnold-Khesin. Actuellement,
sans abandoner ces questions, je m'intéresse à des
équations de la physique statistique d'un point de vue
probabiliste et de théorie des champs (cf. infra).
QUELQUES
ARTICLES
SIGNIFICATIFS :
LIVRE en collaboration avec
Claude
Roger (préface de Malte Henkel) :
The
Schrödinger-Virasoro
algebra.
Mathematical
structure
and
dynamical
Schrödinger
symmetries.
Paru chez Springer (2012), Theoretical and Mathematical Physics.
Reprend l'intégralité
des travaux publiés, avec une mise en perspective
mathématique et physique.
A
classification of periodic
time-dependent generalized harmonic oscillators using
a Hamiltonian action of the Schr\"odinger-Virasoro group. Confluentes
Mathematicae 2 (2), 217-263
(2010).
http://arxiv.org/abs/0806.1185
Une étude à la Kirillov d'un espace
d'opérateurs aux dérivées partielles mêlant
théorie des représentations,
étude géométrique des orbites, mécanique
quantique et étude spectrale (l'un des résultats
essentiels
étant la détermination explicite de l'opérateur de
monodromie pour des formes normales).
avec Claude
Roger,
A
Hamiltonian
action of the Schr\"odinger-Virasoro algebra on a space of
periodic time-dependent Schr\"odinger operators in
(1+1)-dimensions.
Journal of
Nonlinear
Mathematical
Physics
17 (3), 257--279 (2010).
http://arxiv.org/abs/0810.0902
Cette étude explore un point de vue poissonnien
original (via l'introduction d'un espace
de lacets au-dessus de l'espace des symboles
pseudo-différentiels formels, source de nombre
de systèmes intégrables parmi les plus connus).
avec Claude Roger,
The
Schrödinger-Virasoro
Lie
group
and
algebra:
from
geometry
to
representation
theory, Ann.
Henri
Poincaré 7 (2006), 1477--1529. http://arxiv.org/abs/math-ph/0601050
Premier article sur le sujet, mélangeant points de vue
géométrique (variétés de Newton-Cartan),
algébrique (théorie des représentations,
cohomologie des algèbres de Lie de dimension infinie)
et poissonnien.
Les techniques constructives de la
théorie des champs, utilisées avec succès dans le
cadre de la théorie
quantique euclidienne (i.e.
obtenue par prolongement analytique vers un temps imaginaire) des champs,
ainsi que dans l'étude des fermions en interaction à
l'équilibre, sont sous-exploitées à l'heure
actuelle
pour l'étude de nombre de problèmes fondamentaux de
physique quantique ou classique, notamment
en ce qui concerne les problèmes d'évolution en temps réel, rattachés
à l'étude d'équations aux
dérivées partielles paraboliques ou hyperboliques avec un
bruit.
Nous présentons ci-dessous un certain
nombre de problèmes fondamentaux auxquels nous confrontons
actuellement avec l'aide de ces techniques. Il s'agit pour l'instant
simplement de travaux en cours, que
nous espérons voir aboutir.
Etude constructive de la
théorie
des particules élémentaires sur des espaces lorentziens
La théorie
constructive est depuis toujours écrite en
euclidien; les propagateurs sont alors
singuliers dans la limite infra-rouge ou ultra-violette
(pour les particules
élémentaires), ou sur une
surface ou sphère de
Fermi (en physique du solide); le support de la singularité est
donc "ponctuel"
ou compact. Au
contraire, en lorentzien, les opérateurs sous-jacents
(Klein-Gordon par exemple) sont
hyperboliques, et les propagateurs sont singuliers sur les
hyperboloïdes de masse, qui sont des hyper-
surfaces non compactes. L'étude multi-échelles de ces
opérateurs a été réalisée par
Candès-Donoho-
Demanet à l'aide d'objets directionnels
généralisant les ondelettes et appelés curvelets, qu'on peut
étendre en Minkowski curvelets.
Nous
étudions
actuellement
un
"toy
model" bosonique classique en
théorie des champs ($\phi^4$ avec cut-off infra-rouge) en
dimension 4, représentatif des difficultés du
problème (et relevant pour l'étude du boson de Higgs).
La
question
de
savoir
si
ces
découpages peuvent se réaliser sur des
variétés lorentziennes plus générales
est ouverte. On peut prédire que la réponse dépend
de la structure géométrique à l'infini de la
variété, et
du comportement des solutions
de l'équation de Klein-Gordon. Une interaction avec des
spécialistes de la
relativité générale serait très profitable.
Le
même
genre
d'outils, appliqué au modèle $phi^4$
à température finie - réécrit en termes
d'une théorie
lagrangienne grâce au formalisme dit de Keldysh - pourrait
permettre à terme d'établir
la
loi
de
Fourier,
sujet de nombreuses investigations récentes (cf. articles de
Bernardin-Olla, Eckmann, Hairer, Spohn,
Bricmont-Kupiainen...).
Etude
constructive
de
la
transition
de
phase
supraconductrice
Les
travaux
de
Magnen-Rivasseau-Feldman-Trubowitz
et
al.
sur
le
modèle
BCS
(supraconducteurs
basse
température) ont montré dans les années 90 comment
comprendre
l'apparition du gap d'énergie $\Del$
caractéristique de
la
supraconductivité, en partant du modèle du jellium.
Seules les
premières étapes d'une
renormalisation constructive de ce
modèle ont été réalisées. Un
développement en $1/N$, $N$=nombre de
secteurs sur la
sphère de Fermi (divergeant exponentiellement dans
l'infra-rouge) devrait permettre de faire
apparaître la transition de phase et de
construire le modèle à toute température. Les
idées sont présentes en
germe dans ces articles, mais n'ont jamais été
poussées jusqu'au bout. Il s'agirait du premier modèle
non
intégrable avec transition de phase étudié
intégralement par des méthodes
rigoureuses de théorie des champs.
Je codirige avec M. Henkel, du Laboratoire de Physique des Matériaux de Nancy (LPM), un groupe de travail "Physique et Mathématiques" depuis juin 2000, destiné à promouvoir les échanges entre mathématiciens et physiciens sur un certain nombre de sujets touchant aux deux disciplines (théorie des champs, systèmes intégrables, algèbres de Lie de dimension infinie...), et, si possible, à susciter des travaux en collaboration.
En 2003, ce groupe de travail a travaillé en symbiose avec un groupe de travail "Arbres et combinatoire" de l'équipe de probabilités de l'Institut Elie Cartan sur les processus SLE (Stochastic Loewner Equation) et leurs applications en théorie conforme des champs, les deux groupes de travail alternant une semaine sur deux.
Le groupe de
travail marque une pause prolongée depuis quelques années (due
essentiellement au manque de
temps des principaux protagonistes), mais les archives sont toujours
disponibles.
Groupe
de travail physique et mathématiques (articles en commun)
Groupe de travail physique et mathématiques (programme des prochains exposés)
Groupe
de
travail
physique
et
mathématiques
(archives)